Infertilité masculine : les principales causes

Les infections, l’environnement, la génétique ou les maladies et traumatismes figurent parmi les causes principales de l’infertilité masculine.
La concentration du sperme masculin diminuerait de 3 % par an environ en Europe et de 1,5 % par an aux Etats-Unis (1). Les malformations de l’appareil génital masculin semblent en hausse. La fréquence des cancers du testicule touchant surtout l’homme jeune a augmenté de 50 % en 20 ans. Certains facteurs environnementaux tels que les pesticides, le stress, les solvants, le tabac, l’excès de chaleur et le travail assis prolongé seraient incriminés. Quant au surpoids, son impact hormonal est bien connu. Enfin, notre alimentation pourrait être carencée en certains micronutriments essentiels.


Les infections

Les infections chez l’homme peuvent empêcher le passage des spermatozoïdes (par exemple en obstruant les canaux déférents ou l’épididyme par lesquels passent les spermatozoïdes avant d’être éjaculés) ; altérer durablement le fonctionnement des testicules, voire provoquer leur atrophie (oreillons, orchite , tuberculose, gonococcie…) ou la production d’anticorps anti spermatozoïdes.

L’environnement

L’environnement, c’est-à-dire l’alimentation, l’hygiène de vie ou l’exposition à des substances chimiques, influence la fertilité masculine. Rappelons les points essentiels :

  • chez l’homme, le rôle de l’alimentation est moins flagrant que chez les femmes même si certaines supplémentations ont montré un effet favorable sur les spermatozoïdes (zinc),
  • l’exposition à la chaleur subie par certains professionnels a une action négative sur la production de gamètes,
  • le tabac diminue les capacités fécondantes des spermatozoïdes chez l’homme,
  • l’alcool (plus de 8 verres par semaine) réduit le taux de testostérone et donc altère la production de spermatozoïdes chez l’homme,
  • certains produits chimiques utilisés dans l’industrie ou dans l’agriculture ont été classés toxiques pour la reproduction par le CIRC,
  • certains médicaments prescrits dans le traitement des ulcères, de l’hypertension, des maladies inflammatoires ont pour effet indésirable une réduction de la fécondité de l’homme…
  • la prise de testostérone (dopage) peut elle aussi altérer la spermatogenèse,
  • un varicocèle (dilatation de la veine spermatique) retentit sur la qualité du sperme.

La génétique

Un certain nombre d’anomalies génétiques sont responsables d’infertilité généralement irréversible. C’est notamment le cas du syndrome de Klinefelter caractérisé par la présence d’un chromosome X supplémentaire. 
D’autres infécondités de l’homme d’origine génétique s’accompagnant d’une oligospermie voire d’une azoospermie, ou encore d’agénésie des canaux déférents peuvent, en revanche, être prises en charge grâce à l’ICSI. Dans certains cas, l’ICSI devra s’accompagner d’un bilan génétique (caryotype constitutionnel, recherche de microdélétions du chromosome Y, recherche du gène de la mucoviscidose, surtout en cas d’absence congénitale des canaux déférents). Si une anomalie génétique est dépistée ou connue, un diagnostic préimplantatoire (DPI) ou un diagnostic prénatal (DPN) est proposé au couple.

Les maladies et traumatismes

Différentes maladies et traumatismes de l’appareil génital masculin peuvent également induire une infertilité.
Une tumeur au niveau de l’hypophyse peut perturber totalement la « commande » hypophysaire des testicules.
Beaucoup de maladies hormonales ont un impact sur la production de gamètes ou rendent l’homme impuissant. Les cancers du testicule dépistés : il faut impérativement proposer à l’homme une autoconservation de son sperme (cryoconservation dans un laboratoire agréé) avant le traitement par chimiothérapie ou chirurgie.
Des testicules chirurgicalement descendus dans les bourses durant l’enfance sont des causes fréquentes d’infertilité masculine. Dans certains cas, les testicules sont partiellement fonctionnels et l’ICSI permettra une fécondation. Dans d’autres cas, la stérilité est définitive.
De même, des traumatismes au niveau des bourses peuvent avoir des conséquences sur la production et la survie des gamètes. Si, lors d’un choc, des spermatozoïdes ont été en contact avec le sang de l’homme, celui-ci peut avoir développé des anticorps contre ses propres spermatozoïdes. Des techniques de lavage existent. Elles permettent de « décrocher » les anticorps puis de récupérer les spermatozoïdes qui seront alors utilisés pour une insémination, une FIV ou une ICSI.

(1) Jegou B., Le déclin spermatique : mythe ou réalité ?, Revue de l’ACOMEN, vol. 5, n° 3, 1999. www.univ-st-etienne.fr/lbti/acomen/revue/1999/pdf/pdf3/jegou.pdf.