Les étapes du bilan

Lors de votre premier entretien avec le médecin, celui-ci vous posera des questions d’ordre général et médical destinées à orienter le diagnostic avant de procéder à un examen clinique. Il vous prescrira ensuite un examen andrologique et un spermogramme, voire une spermoculture ou le test de migration survie.

En fonction des résultats obtenus au cours des différents bilans, il sera alors en mesure de vous proposer une ou plusieurs solutions.

Les questions d’ordre général et médical

  • D’autres membres de votre famille ont-ils eu des difficultés à concevoir ?
  • Avez-vous eu une ou plusieurs infections génitales ?
  • Avez-vous attrapé les oreillons durant votre adolescence ?
  • Etes-vous ou avez-vous été traité pour une affection chronique ?
  • Avez-vous subi une intervention chirurgicale au niveau de l’abdomen ou de l’appareil génital ?
  • Avez-vous été victime d’accidents ayant entraîné des traumatismes au niveau des bourses ou du cerveau ?
  • Présentez-vous une anomalie testiculaire ?
  • Etes-vous ou avez-vous été consommateur de drogues ?
  • Votre profession vous expose-t-elle à des substances particulières ?
  • Quels sont vos antécédents ORL et pneumologiques ?

Des études ont démontré que les hommes sensibles aux sinusites, aux bronchites à répétition et au nez bouché ont plus souvent que les autres des spermatozoïdes immobiles. La raison ? Le « flagelle » qui permet aux spermatozoïdes de se propulser dans les voies génitales féminines se meut grâce à une petite protéine, la dynéine… Cette même protéine est responsable des mouvements des cils et des cellules qui évacuent le mucus dans le nez et les bronches... Si la dynéine est absente ou anormale, les spermatozoïdes sont incapables de bouger. Les voies aériennes ont du mal à se « nettoyer » elles aussi.

De même, la perte d’odorat signale parfois un dysfonctionnement au niveau de l’axe hypothalamus-hypophyse-testicule. Des chercheurs ont, en effet, découvert que les structures embryonnaires qui donneront naissance aux cellules fabriquant la LHRH se développent en même temps que la muqueuse nasale.

L’examen clinique

En procédant à l’examen clinique, le médecin recherche notamment une varicocèle, une inflammation au niveau de l’épididyme, un discret gonflement de la poitrine (gynécomastie) ou une anomalie de position du méat urinaire.

Le spermogramme

Il est indispensable de faire un spermogramme au conjoint avant de se lancer dans des investigations approfondies chez la femme. 
Le sperme est obtenu par masturbation après lavage des mains et désinfection du gland. Le recueil se fait le plus souvent au laboratoire ou exceptionnellement en chambre. Une abstinence de 3 jours est recommandée afin d’obtenir un sperme de qualité optimale. Une fois ce prélèvement fait, différents critères seront pris en considération dont le volume, la viscosité, la couleur et la concentration en spermatozoïdes. Ces derniers seront eux-mêmes observés et de nombreux paramètres étudiés : leur nombre, leur forme, leur motilité (capacité à avancer) et leur mobilité (capacité à bouger), leur vitalité…

L’examen conclura soit à la normalité du sperme soit à :

  • une oligospermie (peu de gamètes)
  • une asthénospermie (des gamètes peu mobiles)
  • une tératospermie (beaucoup de spermatozoïdes anormaux)
  • une « oligo-asthéno-tératospermie » (syndrome OATS, qui se caractérise par des gamètes peu nombreux, anormaux et faibles…)
  • une azoospermie (sperme dépourvu de tout spermatozoïde)

La normalité d’un spermogramme n’exclut pas la possibilité que l’homme soit à l’origine de l’infécondité du couple. 
D’abord parce qu’un sperme peut avoir un aspect normal et, pourtant, ne pas être fécondant. Ensuite parce que l’analyse du liquide séminal est plus complexe qu’il n’y paraît. Enfin, la qualité du sperme pouvant varier, il est souvent nécessaire de refaire cet examen plusieurs fois.

La spermoculture

La spermoculture  est la recherche d’une infection du sperme. Celle-ci peut être transitoire ou traduire une infection profonde chronique. Le traitement antibiotique doit être prescrit avant toute tentative d'AMP.

Le test de migration survie

Le test de migration survie est un examen clef du bilan spermatique dans la mesure où il oriente le choix thérapeutique. A la fois quantitatif et qualitatif, ce test consiste à sélectionner par migration les spermatozoïdes mobiles d’un éjaculat. Plusieurs techniques sont possibles. Selon le nombre de spermatozoïdes ainsi sélectionnés, leur morphologie et leur survie, le médecin décidera de réaliser une insémination, une FIV ou une ICSI.

Les différents bilans

Les bilans hormonaux
La production de gamètes étant sous l’influence de nombreuses hormones, des dosages hormonaux réalisés à partir d’une simple prise de sang sont parfois prescrits pour vérifier le fonctionnement des gonades, dépister d’éventuelles pathologies endocriniennes ou explorer les commandes cérébrales qui gèrent les testicules. 
Chez l’homme, le bilan hormonal n’est pratiqué qu’en cas de spermogramme anormal.

Un bilan immunologique est parfois prescrit pour rechercher des anticorps anti-spermatozoïdes (décelés par la présence d’agglutinats dans le spermogramme).