Tabac, alcool... : les causes possibles de l'infertilité

La fécondation met en jeu une multitude de mécanismes. Du cerveau à l’appareil génital, en passant par certaines glandes endocrines… de nombreux organes sont impliqués.
Chez la femme, les troubles de l’ovulation et les anomalies des voies génitales sont les deux principales causes de stérilité.

Chez les deux partenaires, l’âge, les infections et les facteurs environnementaux sont les autres grands ennemis de la fertilité.
Toutefois, de nombreux autres facteurs peuvent également être en cause : anomalies congénitales, anomalies chromosomiques, maladies hormonales (diabète, atteintes de la thyroïde ou des surrénales…), certains traitements anticancéreux, endométriose, facteurs immunitaires…

Les troubles de l'ovulation

Des cycles irréguliers, voire absents, sont le signe d’une anovulation : de nombreuses anomalies peuvent survenir et provoquer une infertilité.

Les causes, nombreuses, sont dans la majorité des cas d’origine hormonale. L’ovulation est, en effet, le résultat d’une série de réactions en cascade, qui partent du cerveau (hypothalamus et hypophyse), descendent vers les ovaires et sont ensuite “ équilibrées ” par un dialogue permanent (rétrocontrôle) entre le cerveau et les ovaires. Qu’une seule étape soit perturbée, même modérément (un excès de réponse ou une réponse hormonale insuffisante) et les mécanismes de l’ovulation, qui sont d’une grande précision, ne se dérouleront pas comme prévu. Par ailleurs, toutes ces sécrétions hormonales sont sous l’étroite dépendance des émotions, du stress.

D’autres facteurs, tels que le poids (anorexie, obésité) interagissent avec les hormones sexuelles et sont susceptibles de supprimer les cycles ou de les rendre anarchiques. Les bilans hormonaux prescrits au début de la prise en charge de l’infertilité ont pour objectif de déceler de possibles dysfonctionnements et d’adapter la stimulation.

En revanche, si le trouble de l’ovulation est dû à un vieillissement prématuré de l’ovaire dont la réserve en follicules est épuisée, aucun traitement ne sera en mesure de provoquer une ovulation.

L’âge

Au-delà de 45 ans, la plupart des femmes perdent théoriquement la capacité de concevoir un enfant. Phénomène moins connu, la fécondité des hommes s’altère elle aussi avec l’âge. Dès 30 ans, la vascularisation des testicules diminue, la paroi des tubes séminifères s’épaissit, les cellules de Sertoli, indispensables à la spermatogenèse (ce sont elles qui « nourrissent » les futurs spermatozoïdes) deviennent moins nombreuses. En un mot, le testicule vieillit et la fécondabilité diminue en parallèle. À 60 ans, un homme a 70 % moins de chance d’être père qu’un homme de moins de 40 ans ! Lorsque c’est possible, il est donc conseillé de ne pas trop attendre pour fonder une famille.

L’âge des premiers rapports joue également un rôle : plus les relations ont été précoces, plus le risque d’infections sexuellement transmissibles entraînant des lésions tubaires définitives augmente (1).

Les infections (2)

En cas d’infection d’un des partenaires, il est recommandé d’opter momentanément pour des rapports protégés et de se traiter. Grâce aux antibiotiques, les infections génitales régressent rapidement et sans causer de lésions.

Chez la femme, les infections génitales, et en particulier l’infection à Chlamydia, sont la principale cause d’altération des trompes. On compte chaque année quelque 200 000 salpingites dont beaucoup conduisent à une obstruction tubaire et donc à l’impossibilité de concevoir un bébé sans recourir à une FIV.
Elles peuvent aussi rendre l’utérus inapte à la nidation. Le traitement de l’infection doit alors précéder toute tentative d’AMP.
De même, des infections du péritoine induites par une infection de proximité, telle que l’appendicite, ou des adhérences consécutives à une intervention chirurgicale dans l’abdomen peuvent avoir une répercussion sur la perméabilité des trompes.

Les infections chez l’homme peuvent empêcher le passage des spermatozoïdes (par exemple en obstruant les canaux déférents ou l’épididyme par lesquels passent les spermatozoïdes avant d’être éjaculés) ; altérer durablement le fonctionnement des testicules, voire provoquer leur atrophie (oreillons, orchite, tuberculose, gonococcie…) ou la production d’anticorps anti-spermatozoïdes.

Les facteurs environnementaux

Les toxiques tels que le tabac, l’alcool, les substances chimiques, mais aussi l’alimentation et l’hygiène de vie retentissent sur la fertilité du couple.

Le tabac :

  • favorise les infections génitales
  • diminue de plus de 20 % les chances de grossesse
  • accélère le vieillissement ovarien
  • avance l’âge de la ménopause
  • influe sur la qualité de l’endomètre
  • accroît le risque de fausses couches chez la femme
  • diminue les capacités fécondantes des spermatozoïdes chez l’homme.

L’alcool (plus de 8 verres par semaine) :

  • allonge le délai d’attente de la grossesse chez la femme ;
  • réduit le taux de testostérone et donc altère la production de spermatozoïdes chez l’homme.

Les substances chimiques :

  • certains produits chimiques utilisés dans l’industrie ou dans l’agriculture ont été classés toxiques pour la reproduction par le CIRC.
  • certains médicaments prescrits dans le traitement des ulcères, de l’hypertension, des maladies inflammatoires ont pour effet indésirable une réduction de la fécondité de l’homme.
  • la prise de testostérone (dopage) peut, elle aussi, altérer la spermatogenèse.

 L’alimentation :

  • Les femmes en surpoids souffrent volontiers de troubles de l’ovulation, celles qui sont trop maigres risquent d’être victimes d’aménorrhée.
  • Les régimes alimentaires trop stricts perturbent parfois le cycle menstruel.

Chez l’homme, le rôle de l’alimentation est moins flagrant même si certaines supplémentations ont montré un effet favorable sur les spermatozoïdes (zinc).

(1) Fernandez H. La fécondation. collection Que Sais-je ? p. 59.
(2) Lansac J., Guérif F. AMP : l'assistance médicale à la procréation en pratique. éd. Masson, Paris, 2005 ; p : 3.